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C’est la grève ! - par Rebecca Kelly

La vie à Paris

Quand je suis arrivée à Paris en janvier pour mon semestre, j’avais beaucoup d’attentes. A la fin du semestre, je comprends maintenant que ces attentes n’étaient pas semblables à la réalité. Pour la plupart, la réalité était bien meilleure. Par exemple, je pensais que j’aimerais ma famille d’accueil, mais en réalité, j’ai adoré ma famille d’accueil ! Ils m’ont vraiment considérée comme un membre à part entière de leur famille. Je suis très proche de ma mère d’accueil, et je vais continuer ma relation avec ma famille après mon départ. Un autre exemple est que j’ai trouvé beaucoup d’endroits à Paris que je ne connaissais pas avant ce semestre comme le Parc de Buttes-Chaumont et le Marais. Ces deux endroits sont mes endroits favoris à Paris et j’adore passer du temps là-bas.

Il y a un aspect de mon semestre qui a été un véritable choc pour moi, et qui a rendu mon semestre très unique et bizarre. C’est la grève. Presque tout au long du semestre, il a semblé que tout le monde participait à la grève : la SNCF, les étudiants, Air France, les contrôleurs du trafic aérien... Tout le monde ! Mon université était Paris 1, et pendant un mois les étudiants ont bloqué l’immeuble/le bâtiment de la rue de Tolbiac. Beaucoup de mes cours ont été annulés, et j’ai dû suivre des cours de rattrapage d’EDUCO. Tolbiac était bloqué jusqu’aux vacances d’avril, puis je suis partie en voyage pendant les vacances. En mai, je n’ai pas eu de cours à Paris 1 parce que c’était la période d’examen. Lors de l’examen de philosophie politique, les étudiants ont voté contre l’examen. Je n’ai eu qu’un examen à Paris 1, pour mon cours d’histoire d’architecture, mais avant l’examen les étudiants et le professeur se sont beaucoup disputés. La grève a vraiment marqué la partie académique de mon semestre.

La grève était très intéressante parce que j’étais un observateur, et c’était une opportunité unique. Les grèves aux Etats-Unis sont très différentes des grèves à Paris, et je pense que cela m’a fait découvrir une nouvelle facette de la France que je ne connaissais pas. Les grèves sont la meilleure façon d’étudier un pays parce qu’on y voit les problèmes de la vie quotidienne. Les grèves permettent aux gens d’exprimer ce qui importe à leurs yeux et sont la façon la plus populaire de manifester leur désaccord. De plus, on voit l’interaction entre le gouvernement et le peuple. Aux Etats-Unis, je pense que les manifestations sont moins perturbatrices et plus administratives qu’en France. Par exemple, à Tulane (mon université), les pétitions et les manifestations après les cours sont très fréquentes parce que Tulane est très cher. Les gens à Tulane ne veulent pas gaspiller leur argent avec une obstruction des cours. En France, l’éducation est moins chère, donc les étudiants n’ont pas perdu beaucoup d’un point de vue financier bien que la grève ait été longue et très perturbatrice.

La grève était difficile à comprendre pour moi parce que les systèmes d’éducation américain et français sont complètement différents. Une des raisons qui ont conduit à la grève était la mise en place d’une sélection à l’entrée des universités, et pour moi, ce n’est pas un grand problème parce que les universités aux Etats-Unis sont déjà sélectives. Les deux pays ont des croyances différentes en ce qui concerne l’éducation, et il est très difficile pour une personne d’un certain pays de comprendre les problèmes du système d’éducation d’un autre pays. Dans l’ensemble, la grève m’a permis de mieux comprendre les Français et leurs problèmes, souhaits, et croyances. Cette expérience était vraiment spéciale, et je pense qu’il n’y a pas beaucoup de gens qui étudient dans un autre pays avec une expérience similaire. Ce semestre, la vie est devenue la grève, et ma vie est devenue plus intéressante et imprévisible. J’ai découvert un aspect de la vie française que les Français voient tout le temps, et ma compréhension de la France est maintenant plus précise.

Printemps 2018